Jeudi 16 juillet 2009


Un spasme, une sueur froide le réveilla en sursaut. Il mit sa main sur le front puis la glissa lentement le long de
son visage jusqu'à son torse perlé de légères gouttes. Il sortait d'un cauchemar, de son cauchemar habituel, toujours le même. Un cauchemar qui l'empêchait chaque fois de dormir paisiblement, un cauchemar dont les vestiges se dessinaient sous chaque œil. Il souleva sa tête lourde encore de tout ce qui s'y bousculait, passa de nouveau sa main sur le visage et les cheveux, se leva gauchement, titubant jusqu'au mur, les jambes affaiblies de la force de ce sale cauchemar. Il se laissa glisser le long du mur dans l'espoir d'y trouver un peu de fraicheur dans cette tornade de chaleur qui s'abattait comme tous les étés sur le pays.

 

 

 

Semblant faire un effort suprême qui lui déformait le visage, il allongea les jambes et faisant quelques acrobaties, il rattrapa le paquet de cigarettes qui trainait. Il en sortit un briquet de couleur verte qu'on dirait épuisé par le temps à force de servir et une cigarette déjà entamée, l'alluma, aspira, rejetant la fumée presque aussitôt. Il garda les jambes allongées le long du sol, puis les croisa. De sa main droite il maniait sa cigarette, de l'autre il tenait une vieille bouteille emplie de mégots. L'heure avançait lentement, il devra se relever, se débarbouiller, s'habiller et repartir, même heure chaque jour même labeur, mêmes personnes, mêmes discussions oisives, mêmes disputes, même ennui. Quand partira-t-il enfin? Quand quittera-t-il ce trou de rien et qui ne mènera jamais à rien se disait-il souvent? Déjà une fois il était parti, il avait fui une fois déjà . De son village natal qui calcinait sous les flammes du chômage et de la solitude. Il avait réussi il y a maintenant quatre ans, à se retirer des bras décharnés de ce village qui s'esquisse sous le regard de la jeunesse florissante tel un cimetière dont la vaste étendue n'offre que la terre à creuser pour pouvoir y reposer. À l'époque, tous ses amis l'avaient quitté s'exilant à la ville espérant y trouver de quoi les nourrir et lui était resté malgré les multiples tentatives. Il avait fini par accepter son sort, par se faire à l'idée que jamais il ne partirait quand un jour son oncle qui arrivait tout droit de la ville pour demander la main d'une jeune fille du village pour l'un de ses fils, lui dit qu'un de ses amis cafetier recherchait un jeune homme sérieux et travailleur qui servirait dans son café. Garçon de café, pourquoi pas? Était-ce peut-être mieux que berger ou militaire? Il était jeune, avait arrêté l'école à seize ans, ne parlait aucune autre langue que l'arabe, ne connaissait ni le métier de menuisier ni celui de maçon. Il ne pouvait espérer mieux. De plus, il était solide, beau, jovial, sociable. Garçon de café lui convenait parfaitement, il ne s'ennuierait pas, il rencontrerait des gens intéressants, il serait en plein cœur de la ville, il toucherait un salaire qui le nourrirait à sa faim, boirait du bon café gratuitement et surtout quitterait cette solitude villageoise si oppressante. Garçon de café, c'était parfait! Trois jours plus tard, il commençait son service, gai et plein d'entrain, quand trois ans plus tard, il déchantait. Le bruit, les hommes barbus, moustachus, rasés aspergés d'eau de Cologne qui envahissaient la salle et criaient à tue-tête discourant, se disputant, riant. Ses jambes enflaient et désenflaient de douleur étant debout de jour comme de nuit, son maigre salaire ne suffisant pas à le faire vivre. Il travaillait sept jours sur sept ne s'octroyant que quelques heures de sommeil pour transvider toutes ces voix qui assiégeaient son cerveau dans les pires cauchemars ou les plus beaux rêves. Les jours se levaient et se couchaient sans qu'il les vît passer. On le surnommait d'ailleurs TiGiVi (TGV) tellement il courait. Le matin dès huit heures il servait des cafés aux rares passants et continuait son service jusqu'à environ vingt-et-une heures. Puis il rentrait rapidement chez lui, se lavait parfois pour faire évacuer cette odeur de tabac qui lui collait à la peau. Il repartait avec à l'épaule un vieux sac dans lequel il fourrait sa vieille caméra et se retrouvait affairé sur les toits surplombant la ville filmant les femmes en paillettes dansant youyoutant autour des mariés.

 

 

En entrant dans le café ce jour-là, il tomba sur son patron qui se trouvait debout au comptoir avec un client. Il tenait devant lui son carnet de crédit dans lequel il notait très minutieusement toutes les consommations que certains clients prenaient à crédit. Son interlocuteur était un habitué du café. Il débarquait en général en fanfare vers les dix huit heures et s'asseyait toujours à la même table, sur la même chaise au côté d'autres habitués. Et s'il était venu ce jour-là de très bonne heure, c'était pour demander une faveur au patron.


"Oui je sais mon frère mais moi mon café, il faut que je le fasse tourner. Et je te dis franchement d'ami à ami, les crédits je les accorde qu'à des gens sur qui je peux compter et dont je peux être sûr qu'ils paieront.


- Mais moi je suis le plus honnête des hommes, tu me connais depuis toujours. Là, je te demande une petite faveur, ce mois-ci c'est difficile. Tu sais que je paierai sans faute dès que j'ai la paie.

 

 

- Ah ça vous me dites tous ça. Vous venez tous les soirs du mois consommer à crédit et le jour de la paie et un peu après, comme par hasard tout le monde décide de rester chez soi ou d'aller autre part, pas vrai Soufiane, tournant la tête sur le côté pour s'adresser au garçon. Regarde il rigole et s'il rigole c'est que c'est la vérité. Ah vraiment quel monde!!! vous croyez tous que moi le café je le cultive dans mon jardin, j'ai même pas de jardin. Non ça se passe pas comme ça. Si tu n'as pas l'argent pour te payer des cafés, du thé etc...eh bien tu restes chez toi pendant un mois, crois-moi je te le dis franchement d'ami à ami, ça vaut beaucoup mieux que de faire des crédits et de plus t'en sortir. Il y a les crédits, après il y a les mensonges, après les disputes et des problèmes et des problèmes. Tu restes chez toi avec ta femme et tes enfants, d'ailleurs le thé de ta femme, il doit être meilleur qu'ici, je t'accorde que le café d'ici rien ni personne ne pourra le remplacer parce que c'est le meilleur. Ben oui mon frère, c'est du pur arabica, et le pur arabica, tu crois qu'il pousse dans ce bled où pas même les herbes folles veulent pousser. Eh non, moi je fais de l'importation des bled où ils fabriquent le pur arabica et ça, c'est pas avec les crédits que je peux les payer...

 

 

- mais je te comprends, mais fais-moi confiance, je suis mécanicien, je travaille chaque jour, comment je te rembourserai pas. Tu m'as vu un jour contre un mur, sur un banc. Non je bosse toute la journée et même le week-end parfois. Si je viens dans ton café, c'est pour décompresser, du boulot, des problèmes, de la misère. Tu t'imagines toi rester tous les soirs avec ta femme, ah tu deviendrais fou. Eh bien pour moi c'est la même chose. En plus elle-même ne veut même pas que je reste, elle veut rester toute seule ou avec sa sœur ou la mienne pour regarder leurs satanées séries égyptiennes, puis les émissions sur la cuisine et elles discutent. Oui c'est comme ça. Ben tant pis j'errerai tout seul dans la ville comme un fou...murmura-t-il l'œil en coin espérant éveiller un quelconque sentiment de pitié et de bienveillance.

 

 

- Ah vraiment vraiment je le fais parce que tu es un ami et je te le dis franchement d'ami à ami, il faudra payer dès le premier du mois, pas d'excuse."


Il griffonna quelques mots dans son livret de comptes et le fit signer par le client. Puis il se tourna vers Soufiane qui était resté accoudé au comptoir s'amusant devant la scène et se disant que le patron était quand même un gentil petit vieux qui se laissait aller aux sentiments aussi facilement qu'une fille.


"Qu'est-ce que tu as toi à sourire comme un âne, allez, sers-nous un pur arabica. C'est offert par la maison."

 

 

 

Le client ravi, tapota sur l'épaule du patron et allongea des remerciements qui prenaient des formes de bénédiction.



Dix-huit heures, la salle grondait, Soufiane faisait des allers-retours la main levée soutenant un plateau sur lequel se hissait des petits verres de thé chaud. Les volutes de fumée montaient et se mêlaient aux éclats des grosses voix des clients. Tous étaient présents, du jeune au vieux, du travailleur au hitiste, du triste au joyeux. L'un demandait un café quand l'autre commandait une limonade, les mouches fuyaient sur la terrasse, la place venant à leur manquer. Le client du matin était là assis à sa table habituelle ayant l'air de s'entretenir secrètement avec un autre client. Le patron était attablé près du bar et refaisait le monde avec certains clients parmi lesquels se trouvait l'oncle de Soufiane. Et l'on entendait de toute part des « tigivi, un thé...tigivi un café...tigivi, une limonade... », il volait de table en table servant au passage quelques poignets de mains. La saison chaude commençait, on attendait de grosses chaleurs comme chaque année et comme chaque année on entendait des discussions fusionnant autour du thème qui préoccupait la plupart des algériens à cette période: le retour des immigrés. Certains le voyaient d'un mauvais oeil comme si ces immigrés venus tout droit de France, d'Espagne, d'Italie ou de Belgique allaient bouleverser par l'étalage de leur bien-être et de leur opulence, leur tranquillité quotidienne. D'autres et notamment ceux qui avaient des membres de leur famille faisant partie de ces immigrés étaient gais et y voyaient comme un vent de fraîcheur. Ils se vantaient le plus souvent de ces membres de la famille. Pour ces personnes, seul leur exil témoignait de leur richesse intellectuelle et matérielle. Ils ne connaissaient rien de cette vie en dehors de l'Algérie mais se persuadaient qu'elle était sûrement beaucoup plus aisée qu'ici. La salle était divisée en trois parties, ceux qui fêtaient l'arrivée en masse des vacanciers, ceux qui les exécraient et qui rageaient disant qu'ils préféreraient des touristes européens comme il s'en trouve tant au Maroc ou en Tunisie, ceux qui restaient indifférents. Des regards s'affrontaient alors dans lesquels les pupilles se dilataient de colère, des paroles se cognaient alors dans lesquelles les mots s'obstinaient et finissaient par s'écharper. Soufiane tentait d'éviter toute discussion mais s'en amusait comme toujours. Lui ne les bénissait pas. Lui ne les abhorrait pas. Lui n'en restait pas indifférent. Lui les enviait. Lui les jalousait même. Lui les convoitait. Pas méchamment. Mais avec une telle férocité que ses yeux rutilaient lors de ces conversations tel un prédateur face à sa proie. Dans ces moments, même entre amis, il ne disait mot, il fixait toujours le sol brûlant sous le flamboiement de son regard...


« ce sera bientôt ton tour, il y a du nouveau...ce sera bientôt notre tour...bientôt ton esprit sera apaisé...arrête de ronger ce sol de ton regard de lion, tu finiras par y creuser un gouffre... »


Soufiane releva la tête les yeux rougis de tant d'acharnement et après un instant ,esquissa un léger sourire.

 

 

 

à suivre...

 


 

 

Par ilhem - Publié dans : hybrida ilhem
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Dimanche 5 juillet 2009

 



défaire...
refaire...
dénouer...
renouer
...déplier
...replier
...poser...
reprendre...
déposer...
reprendre et faire...

puis défaire et déposer...
puis reprendre et nouer
...puis dénouer et reposer
...puis reprendre et déplier et dénouer et défaire...
puis renouer...puis replier...puis refaire...puis déposer...skin djbel...



 

 

faite de grains et de vapeur

faite de mel'h et tafawah

faite de koussbor et de mahd'nouss

faite de qarfa et de ras el hanout

faite de skin et de djebel

skin djbel grains blonds s'éffilant le long ses doigts flétris


je l'entends au loin défaire puis refaire, voiler, puis dévoiler, nouer, puis dénouer, serrer puis déserrer, s'embaumer de grâce et de grains, étreindre le grain de sa main grasse de beurre fondant..skin djbel


faite de grain et de gras

faite de sel et de poivre

faite de coriandre et de persil

faite de cannelle et d'épices mélangées

faite de ...


harmonieuse cacophonie, douce blessure de ma langue entravée, triturée, gercée



 

  replacer...ajuster...remplacer...réajuster...retirer...remettre...

 


 

faite de ...

fléchissante et titubante dans l'ivresse éperdue des grains effrangeant ma langue obstruée, pétrifiée, fissurée.


 

 plier ...et plisser...et replier...et tisser...et fouler...et refouler...sans tisser...ni plisser...ni  déplier...crevasser...et transpercer...et retisser...puis gercer...et professer sans profaner...

 


 

je l'observe effilochant le grain, le percer de ses doigts onctueusement drapés de gras, brillants de saveur et se délectant de ce massage vigoureux...skin djbel... qui s'élève et s'infiltre en moi...


faite de grains et de teintes

faite de plaines et de monts

faite de voix et de ...


entrecoupée et griffonnée dans l'étuve des granules sillonnant pleuvinant et s'évaporant dans la brune de ma mémoire


faite de crépitement et de...


je l'entends murmurer fredonner...professer sans profaner...cette langue réticulée...


faite de voiles et de voix

faite de mots d'ici et de là-bas

faite de...

  à ma mère

 

Par ilhem - Publié dans : hybrida ilhem
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Mercredi 1 juillet 2009
L'amour est toujours présent... prêt à se déployer,...seuls ses saisons changent...
sans larmes ni drames
pas à pas
mot à mot
peu à peu
sans drames ni larmes
laissons les saisons
clore
éclore
peu à peu
mot à mot
pas à pas

Par ilhem - Publié dans : ilhem
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Mercredi 1 juillet 2009

Ce récit est inspiré de faits réels. Sans haine ni rage. D'un jet d'écriture. Témoignage ou mémoire de ce qu'est devenu et devient la réalité quotidienne de certaines personnes au faciès "non labellisé" et ne correspondant pas "aux NORMES européennes."


Adossé au mur, visage innocent, pensée troublée, face au tumulte de la ville, face à un avenir incertain, face à une existence sans vie. Il se cherche au loin, sans rien attendre en retour; il vient de sortir d’une salle où plus de mille personnes se creusaient le cerveau devant des questions de bio auxquelles même Pierre et Marie ne pourraient pas répondre. Il vient de sortir d’une salle où plus de cent personnes rêve d’un avenir stable et plein de fric. 
Adossé au mur, harassé de fatigue, attendant le retour de sa sœur, attendant le moment de reprendre le train pour retrouver sa campagne couleur charbon, couleur chômage, couleur espoir, attendant le train pour quitter ce Paris de toutes les chances, ce Paris de toutes les fantaisies, ce Paris de toutes les injustices.
Adossé au mur…serait-ce un crime? Non selon lui! Oui selon ces uniformes garants de la sécurité nationale!
Ils s’arrêtent, ils s’approchent, ils jaugent…
Elle s’approche, elle s’arrête, elle ne comprend pas.
Il reste, adossé au mur, sourd, muet.
Face au tumulte de Paris la Belle, face au bruit de Paris la Bonne, face aux grandeurs de Paris la Pute.

Adossé au mur, grand, cheveux bruns, yeux marron, peau basanée, mains dans les poches, manteau "lascar", position suspecte, adossé au mur…

« vos papiers, s’il vous plaît! »

Il exécute, elle proteste, ils ordonnent…et nous laissons faire…et vous en êtes fiers!

- « Avez-vous le droit de faire un contrôle d’identité sans aucune raison, en pleine journée?

- Oui, c’est normal. C’est un endroit suspect et une attitude suspecte.

- Ok, mais faut pas que ça prenne beaucoup de temps, nous avons un train à prendre, dit-elle pressée par la rage.

- ça  prendra cinq minutes, répondent-ils boursouflés d’orgueil.

Ça a pris vingt minutes pour déballer son identité, vingt minutes pour prouver qu’on est un être humain comme toi, moi et ceux-là qui n'ont rien d’autre à faire que de suspecter tous les basanés adossés à un mur, assis sur un banc, marchant dans la rue, essayant de vivre correctement, vingt minutes à trifouiller des papiers qui ne valent plus rien, vingt minutes à tourner et retourner des papiers qui n’effaceront jamais ta tronche bronzée, beure, étrangère, "d’ici mais pas assez"(Zebda).

Laisser glisser/papier glacé/les sentiments/papier collant/ça impressionne/papier carbone/mais c’est du vent…c’est du vent…c’est du vent…(Gainsbourg)

RAS autrement dit Rien A Signaler, ce n’est pas un trafiquant éventuel, un prostitué, un amateur de putes. Dommage, non! Dommage d’avoir foutu vingt bonnes minutes en l'air pour découvrir que ce caca arabe adossé au mur…sur un mur quelconque du 17e est un amateur non pas de putes mais de tennis de table, eh ouais même les craouis peuvent faire autre chose que putasser dans les rues, que ce déchet beur adossé au mur…sur un mur quelconque du 17e est un jeune non pas dealer en puissance mais étudiant , eh ouais même les foncés peuvent faire autre chose que du marché noir, que ce détritus basané adossé au mur…sur un mur quelconque du 17e est non pas une Ordure Venimeuse Non Intégrée mais un citoyen français . Dommage que tous ces bougnoules n’en soient pas, des OVNIS, dommage pour vous, flics pas futés pour deux sous, dommage pour vous, ministres pas instruits pour quatre sous des réalités quotidiennes, dommage pour vous, Petits-Beurés, dommage pour votre tronche qui paie pour vous.

 

Laisser brûler les p’tits papiers/à l’occasion/papier chiffon/puissent-ils un soir/papier buvard/vous consoler…vous consoler…vous consoler…vous consoler…  (Gainsbourg)
Par ilhem - Publié dans : sliman
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Lundi 27 avril 2009

exil est évanescence

et au coin de l'oeil se dérobent vos traits chatoyants

exil est abstinence

et au coin de l'oeil se dénuent vos rires bruyants

exil est émergence

et au coin de l'oeil se dérident vos larmes enivrantes

exil est appétence

et au coin de l'oeil se dévoilent vos paroles ruisselantes

exil est arborescence

et au coin de l'oeil se délient vos souffles tremblants

exil est efflorescence

et au coin de l'oeil se délitent vos regards implorants

exil est errance

et au coin de l'oeil se dénudent vos airs imposants

exil est souffrance

et au coin de l'oeil se défeuillent vos mémoires suffocantes

exil est délivrance

et au coin de l'oeil se décrispent vos cris gisants

exil est absence

et au coin de l'oeil se bercent vos vies absentes.

Par ilhem - Publié dans : hybrida ilhem
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quand les mots s'irisent

quand les mots s'engouffrent

quand les mots s'insinuent

quand les mots s'abstiennent

quand les mots s'ébattent

"Il est des élans qu'on ne rectifie pas mais que l'on doit assumer"
Yasmina Khadra, La cousine K

quand les mots s'abattent

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quand les mots s'esquivent

quand les mots s'offrent

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quand les mots s'égrènent

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